samedi 18 juillet 2026

Gnaoua 2026 : Essaouira devient le foyer des musiques du monde

22 avril 2026
Gnaoua 2026 : Essaouira devient le foyer des musiques du monde
Gnaoua 2026 : Essaouira devient le foyer des musiques du monde

Bien au-delà d'une simple manifestation, le Festival Gnaoua 2026 se veut une immersion totale. Du 25 au 27 juin, Essaouira se transformera en centre vibrant d'une symphonie musicale constamment en évolution, où les Maâlems Gnaoua, gardiens d'un patrimoine toujours vivant, croiseront les plus grandes voix de la planète pour trois jours de fusion, d'intensité émotionnelle et de communion. Cette édition s'inscrit dans une dynamique d'échanges féconds, de transmission d'héritages et d'audace créative.

Essaouira, ancrage et perspective

Le thème central de l'édition 2026 tourne autour des villes portuaires. Du Liban au Cameroun, du Brésil aux États-Unis, de l'Inde à l'Éthiopie et de la Palestine au Maroc, les musiciens conviés proviennent de régions profondément façonnées par les échanges maritimes. Leurs créations portent cette marque : métissage, improvisation, faculté d'adaptation. Essaouira, établie comme ville-port dès le XVIIIe siècle dans une logique d'échange, s'impose naturellement comme le reflet idéal de cette thématique.

Ferveur collective et innovation artistique

L'ouverture du Festival se fera par le défilé des Maâlems Gnaoua, événement fondateur qui met la cité en mouvement. Ce parcours partagé, festif et chargé de spiritualité, marquera le début de trois journées d'effervescence. La scène Moulay Hassan accueillera ensuite un concert inaugural d'envergure dirigé par Mehdi Nassouli, en compagnie du groupe rwandais i Buhoro, de la chanteuse marocaine Sara Moullablad, de la musicienne indienne ganavya, et du compositeur français Sylvain Barou.

Conçu comme une création collective polyphonique, ce spectacle d'ouverture promet d'être puissant, enraciné dans la continuité vivante des rythmes gnaoua tout en s'ouvrant résolument aux influences mondiales, incarnant dès les premières notes l'essence du Festival.

La création au cœur de la manifestation

Fidèle à son identité, le Festival place la création au centre de sa démarche.

Maâlem Mohamed Montari dialoguera avec Badume's Band et Selamnesh Zemene dans une rencontre maroco-éthiopienne, tandis que Mehdi Qamoum se joindra au Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan pour une création portée par la force vocale.

Le concert du bassiste virtuose Richard Bona, reconnu pour sa capacité à faire converser la mémoire africaine et l'exigence du jazz international, bénéficiera d'une apparition spéciale d'Asma Lmnawar sur quelques morceaux à la confluence de deux univers exceptionnels. Autre moment marquant, Maâlem Hamid El Kasri retrouvera Carlinhos Brown pour un échange vibrant entre rythmes gnaoua et héritages afro-brésiliens, prolongeant une collaboration artistique déjà établie.

Reconnaissance, transmission et grandes figures

Cette édition rend hommage à feu Maâlem Mustapha Baqbou. Personnalité majeure de la tradition gnaoua, décédé en 2025, il demeure l'un des Maâlems les plus déterminants de sa génération, admiré pour son approche singulière du guembri et pour un talent du dialogue musical qui a profondément marqué l'histoire de la musique gnaoua. Pour honorer sa mémoire, Maâlem Abdeslam Alikkane, Hamza Baqbou, Maâlem Abdelkebir Merchane et Maâlem Mohamed Kouyou se rassembleront pour perpétuer son legs lors d'un moment de transmission commune.

Le Festival reçoit également des artistes aux univers distincts : le Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan, Ganavya, 47SOUL, Yasmine Hamdan, Hoba Hoba Spirit et Oudaden, dans une sélection qui conjugue artistes confirmés, démarches contemporaines et nouvelle génération gnaoua.

Plus de 400 artistes, parmi lesquels 42 Maâlems, se produiront sur les différentes scènes disséminées dans la ville, alternant grands spectacles et formats plus intimes.

Le Forum des droits humains : réfléchir aux jeunesses du monde

Le Forum des droits humains s'affirme comme un espace de pensée à part entière au sein du Festival. Cette édition se concentre sur le thème « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir ».

Pendant deux jours, musiciens, écrivains, responsables politiques et penseurs examineront les transformations actuelles et les courants qui animent les générations émergentes.

Le Forum accueillera la participation de M. Mohamed Mehdi Bensaïd, Ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ainsi que Souleymane Bachir Diagne, Najat Vallaud-Belkacem, Rachid Benzine, Leïla Slimani, Raphaël Liogier, Asmae El Moudir et d'autres intervenants qui entrecroisent leurs perspectives dans un cadre de discussion enraciné dans les enjeux contemporains.

Transmission et création : un axe fondamental

Pour sa troisième édition, le programme Berklee at the Gnaoua and World Music Festival propose une expérience immersive de six jours consacrée au perfectionnement artistique. Destiné aux musiciens professionnels et semi-professionnels de divers horizons esthétiques, du répertoire classique au jazz en passant par la tradition gnaoua, il réunit des participants de différentes provenances, encadrés par des professeurs de Berklee et des artistes de renommée mondiale, autour d'une pédagogie fondée sur l'écoute, l'échange et la création participative. Le concert de clôture permettra au public de vivre cette expérience collaborative au cœur du Festival.

Dans cette continuité, le Festival poursuit son partenariat avec l'Université Mohammed VI Polytechnique via la Chaire des Transitions, pilotée par l'Institut des Études Avancées de l'UM6P. Associant recherche universitaire et dynamiques créatives, cette initiative vise à établir les bases d'un cadre solide de production de connaissances sur la culture gnaoua, ses origines, ses métissages et ses manifestations actuelles, en favorisant les interactions entre musiciens, universitaires et organismes, tant aux niveaux national qu'international.

Une ville, des traversées innombrables

Depuis près de trois décennies, le Festival Gnaoua positionne Essaouira parmi les grandes métropoles mondiales des musiques vivantes. En 2026, il en apporte une nouvelle confirmation : la rencontre ne s'énonce pas, elle se vit. Celle d'artistes qui acceptent le défi de se transformer par la rencontre avec autrui.

Du 25 au 27 juin, le monde converge vers Essaouira.

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