samedi 18 juillet 2026

À Rabat, une large consultation sur la crise des frais de scolarité dans les écoles françaises

26 avril 2026
À Rabat, une large consultation sur la crise des frais de scolarité dans les écoles françaises
À Rabat, une large consultation sur la crise des frais de scolarité dans les écoles françaises

La question de l'augmentation substantielle des frais de scolarité dans les établissements du réseau de l'AEFE a motivé une démarche de consultation inédite à Rabat. Pendant un mois, Khadija Belbachir-Belcaid et Mathieu Lescrainier, conseillers des Français de l'étranger au sein de Français du Monde, ont orchestré une série de rencontres avec l'ensemble des acteurs de la communauté éducative, dans le cadre d'une mission d'information lancée par le Sénat français.

Cette initiative s'est déroulée en étroite collaboration avec l'Ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, et le proviseur du pôle de Rabat-Kénitra, dans le but de cerner les réalités du terrain et de chercher des solutions pour atténuer l'impact des hausses tarifaires.

Les travaux de consultation ont revêtu une dimension particulièrement large. Au-delà des associations de parents d'élèves et des équipes enseignantes, les élèves eux-mêmes ont été activement impliqués par le biais de questionnaires et d'échanges approfondis. Cette participation juvénile a mis en évidence des préoccupations majeures concernant les tarifs, mais aussi des attentes significatives en matière de qualité pédagogique et de conditions d'étude.

Une assemblée publique tenue à Rabat le 25 avril a constitué un moment charnière, permettant de présenter les enseignements tirés de cette mobilisation et marquant la poursuite d'une action visant à faire connaître les situations vécues au niveau national.

Les éléments qui se dégagent de cette consultation locale pointent vers des enjeux convergents. La pression financière croissante exercée sur les familles demeure un élément central, accompagnée de critiques portant sur l'absence de clarté dans l'élaboration des budgets et sur un modèle de financement jugé asymétrique. La question des investissements immobiliers cristallise particulièrement les tensions : actuellement, ces projets sont financés intégralement par les familles via les frais de scolarité, sans que ces dernières ne disposent d'un véritable droit de regard ou de contrôle. Le projet de construction du collège Saint-Exupéry, largement médiatisé, illustre de manière saisissante cette contradiction du système.

Au-delà de ces constats spécifiques, la consultation révèle une tension structurelle au sein de l'AEFE : la coexistence entre une mission de service public incarnée par les établissements en gestion directe et une logique de développement des établissements partenaires, davantage orientée vers une approche marchande. Cette dualité génère des déséquilibres et soulève des questions sur la cohérence générale du modèle.

Face à ces conclusions, Belbachir-Belcaid et Lescrainier, qui siège également à l'Assemblée des Français de l'étranger, ont élaboré un rapport proposant quatorze mesures concrètes. Ces actions s'articulent autour de quatre axes fondamentaux : l'établissement d'un financement pérenne et viable, la mise en place d'une gouvernance transparente et inclusive, l'amélioration de la qualité de l'enseignement, et le renforcement de l'accessibilité pour garantir une réelle mixité sociale.

Ces recommandations seront transmises au Sénat français et alimenteront les réflexions en cours, avec l'ambition claire d'influencer les décisions à venir, notamment en vue de l'élaboration du budget de l'État pour 2027.

Le Sénat français a lancé en février 2026 une mission d'information transpartisane portant sur l'avenir du réseau AEFE, confiée notamment à Yan Chantrel et Mathilde Ollivier. Les conseillers rabatais ont été sollicités par le sénateur Chantrel pour conduire cette enquête locale auprès de tous les intervenants concernés. Les sénateurs doivent remettre leur rapport complet avant l'été.

Par cette mobilisation, les conseillers des Français de l'étranger à Rabat s'assurent que les préoccupations des familles de la capitale nourrissent directement la réflexion sur l'orientation future du modèle historique de l'éducation française au Maroc.

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