Trump annonce une opération pour dégager le détroit d'Ormuz, l'Iran menace de riposte

Le président américain Donald Trump a déclenché une initiative dès lundi pour libérer les navires immobilisés depuis deux mois dans le Golfe. Parallèlement, le commandement militaire iranien a averti qu'il riposterait militairement à toute intervention.
Trump a qualifié dimanche soir cette intervention de « geste humanitaire » et de « bonne volonté » envers les marins bloqués par la fermeture du détroit d'Ormuz. À partir de lundi matin, heure locale, la flotte américaine assurera l'escorte de navires appartenant à des pays « sans lien avec le conflit du Moyen-Orient » à travers le détroit.
L'initiative, baptisée Project Freedom (« Projet Liberté »), mobilisera des destroyers lance-missiles, plus de cent aéronefs et 15.000 soldats, selon le commandement américain pour la région. Trump a prévenu que tout obstacle iranien à cette opération devrait « malheureusement être traité par la force ». Il a néanmoins mentionné des échanges « très positifs » avec Téhéran, facilités par le Pakistan.
La réaction iranienne a été immédiate. Le général Ali Abdollahi, commandant des forces armées, a déclaré : « Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l'agressive armée américaine: s'ils ont l'intention de s'approcher du détroit d'Ormuz ou d'y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués ». Ebrahim Azizi, président de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien, a ajouté que toute intervention américaine violerait le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril.
Depuis le début des hostilités entre Washington et Téhéran le 28 février, l'Iran maintient le détroit d'Ormuz fermé, voie par laquelle transite habituellement un cinquième de la consommation pétrolière mondiale. Les États-Unis ont riposté début avril en bloquant les ports iraniens.
Emmanuel Macron a appelé lundi à une réouverture « concertée » du détroit entre l'Iran et les États-Unis, exprimant des doutes sur la clarté du cadre de l'opération américaine. Sanae Takaichi, Première ministre japonaise, a souligné que la fermeture du détroit impacte gravement la région Indo-Pacifique, très dépendante du Moyen-Orient pour ses approvisionnements énergétiques.
Le blocage a provoqué une flambée des prix pétroliers, atteignant des niveaux inédits depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. Les cours se sont stabilisés lundi sur les marchés asiatiques, le Brent gagnant 0,39 % à 108,59 dollars le baril, bien en retrait des 126 dollars atteints jeudi.
Selon l'entreprise AXSMarine spécialisée dans le suivi maritime, 913 navires commerciaux se trouvaient dans le Golfe le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers. Environ 20.000 marins seraient affectés par cette situation, d'après l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO. Trump a souligné que « beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine ».
Depuis le début du conflit, qui a causé des milliers de morts principalement en Iran et au Liban, Téhéran a imposé de facto des droits de passage pour traverser le détroit.
La situation reste figée depuis le cessez-le-feu du 8 avril, qui a suivi près de 40 jours de bombardements israélo-américains sur l'Iran et de représailles iraniennes. Les désaccords persistent notamment sur le détroit et la question nucléaire, et les tentatives de relancer les négociations ont échoué malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril.
Pour relancer le dialogue, Téhéran a présenté dimanche une nouvelle proposition à Washington, qui a réagi positivement, selon la diplomatie iranienne. Selon l'agence Tasnim, le plan iranien comprend le retrait des forces américaines des zones adjacentes à l'Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs, le financement des réparations, la suppression des sanctions, un « mécanisme » concernant le détroit d'Ormuz et « la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban ».
Le dossier nucléaire n'apparaît pas dans ce plan, bien qu'il demeure une question centrale pour Washington et Israël, qui accusent l'Iran de chercher à développer l'arme nucléaire – une affirmation que la République islamique conteste.
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