samedi 18 juillet 2026

Pénurie énergétique : un expert soulève des inquiétudes majeures sur les réserves pétrolières marocaines

4 mai 2026
Pénurie énergétique : un expert soulève des inquiétudes majeures sur les réserves pétrolières marocaines
Pénurie énergétique : un expert soulève des inquiétudes majeures sur les réserves pétrolières marocaines

La gestion des réserves pétrolières et l'arrêt de la raffinerie SAMIR demeurent au cœur des enjeux liés à l'autonomie stratégique du Maroc. Ces questions cristallisent aujourd'hui les tensions au sein des débats publics sur la résilience énergétique du pays.

Houssine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national des industries du pétrole et du gaz et président du Front national pour la sauvegarde de la SAMIR, met en lumière une situation qu'il estime préoccupante. Selon lui, l'inaction prolongée résulte d'une défaillance notoire dans la détermination politique. Il pointe particulièrement le retrait de l'État de la gestion du stockage depuis 2020 et l'abandon progressif d'infrastructures considérées comme essentielles.

Des chiffres qui contredisent les déclarations officielles

L'expert a vivement contesté les propos tenus récemment par la ministre de la Transition énergétique, Leïla Benali, au Parlement. Il affirme que les statistiques gouvernementales ne correspondent pas à la situation réelle sur le terrain. Tandis que le gouvernement évoque une exploitation de 800 000 m³ de capacités de stockage, El Yamani révèle qu'un seul opérateur dispose actuellement d'un réservoir unique de 80 000 m³.

Ce volume ne représenterait que 4 % de la capacité globale du site, évaluée à 2 millions de m³. Selon le syndicaliste, cette infrastructure largement inutilisée pourrait pourtant contribuer significativement à satisfaire une portion importante des nécessités du pays si elle était convenablement exploitée.

Entre théorie et pratique : la réalité des stocks

Au-delà des installations matérielles, l'expert met l'accent sur une distinction fondamentale : la sécurité énergétique repose non pas sur des réservoirs vides, mais sur la disponibilité réelle de produits pétroliers stockés sur le territoire national.

Il observe que face aux fluctuations imprévisibles des marchés internationaux, plusieurs opérateurs préfèrent limiter leurs stocks pour éviter des pertes financières lors de baisses tarifaires. Cette approche du « juste-à-temps » contrevient à l'exigence légale de maintenir une réserve couvrant 60 jours de consommation. À titre comparatif, lorsque la SAMIR était pleinement opérationnelle, elle seule garantissait un stock de 1,5 million de tonnes, équivalant à environ 45 jours de besoins nationaux.

L'indépendance énergétique en danger

Houssine El Yamani déplore un « manque de réaction » persistant de la part des responsables gouvernementaux. Il craint un arrêt permanent de cet outil industriel national. Ce qu'il qualifie de démantèlement progressif et discret compromet gravement l'indépendance énergétique du Royaume.

Faute d'une capacité de raffinage locale, le Maroc demeure exposé aux risques liés aux importations de produits raffinés, vulnérable aux chocs géopolitiques mondiaux. Pour l'expert, la réactivation de la SAMIR constitue le seul moyen viable d'assurer une véritable souveraineté énergétique et de préserver la stabilité économique nationale.

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