samedi 18 juillet 2026

Amina Bouayach appelle à l'implication directe des migrants dans la conception des politiques migratoires

8 mai 2026
Amina Bouayach appelle à l'implication directe des migrants dans la conception des politiques migratoires
Amina Bouayach appelle à l'implication directe des migrants dans la conception des politiques migratoires

Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), a appelé vendredi à New York à impliquer concrètement les migrants dans la conception des politiques et des dispositifs qui les touchent, estimant que cette implication constitue un fondement essentiel pour une gestion des migrations ancrée dans le respect des droits humains.

« Le principe 'rien sur nous sans nous' n'est pas qu'une formule, c'est une exigence fondamentale pour une gestion des migrations qui place les droits de l'Homme au cœur de son action », a-t-elle déclaré lors d'une manifestation organisée dans le cadre du 2e Forum d'examen des migrations internationales, qui s'est déroulé du 5 au 8 mai.

En sa qualité de présidente de l'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'Homme (GANHRI), Mme Bouayach a souligné que l'action de ces institutions repose sur des piliers complémentaires qui favorisent une relation étroite avec les migrants sur le terrain. Elle a énuméré parmi ces piliers les missions d'inspection aux points de passage frontaliers et dans les lieux de détention, ainsi que la diffusion de ressources d'information dans plusieurs langues.

Ces mécanismes facilitent également l'établissement de canaux de communication et de confiance par des collaborations avec les organisations de la société civile et les associations de migrants, ainsi que le renforcement des systèmes de gestion des réclamations et de réparation des dommages, en tenant compte des réalités particulières des femmes et des hommes en situation de migration, a-t-elle ajouté.

Au cours de cette intervention, la présidente du CNDH a présenté plusieurs exemples internationaux montrant l'évolution des pratiques concernant l'implication réelle des migrants.

Elle a notamment mis en avant l'initiative marocaine de régularisation administrative des migrants, fondée sur une démarche inclusive et collaborative. Cette approche a impliqué les autorités nationales, les acteurs de la société civile et les migrants eux-mêmes, qui ont siégé au sein des comités régionaux et territoriaux chargés du suivi et des recours.

Mme Bouayach a également rappelé l'action menée au Maroc lors de la crise sanitaire du COVID-19, durant laquelle les migrants ont participé à des campagnes de sensibilisation en diffusant des messages vidéo dans diverses langues et dialectes africains. Ces efforts ont contribué à améliorer l'accès des femmes migrantes à l'information et à renforcer les mesures de prévention sanitaire.

De l'Afrique à l'Europe, des Amériques à la région Asie-Pacifique, les institutions nationales des droits de l'Homme jouent un rôle « crucial » en défendant et en promouvant les droits et libertés, en documentant les violations commises aux frontières et les expulsions forcées dans divers contextes régionaux, a poursuivi Mme Bouayach. Elle a également souligné que ces institutions proposent un accompagnement juridique et psychologique aux migrants et renforcent la mobilisation contre le trafic d'êtres humains et l'exploitation des travailleurs migrants.

Ces différentes expériences démontrent, selon elle, le rôle de plus en plus important que jouent les institutions nationales des droits de l'Homme dans l'établissement d'une gestion des migrations plus attentive aux droits humains et davantage en phase avec les enjeux concrets sur le terrain.

Le rapporteur spécial de l'Organisation des Nations Unies pour les droits des migrants, des défenseurs des droits humains spécialisés dans les questions de migration et d'asile, des spécialistes des politiques migratoires ainsi que des délégués d'États et de structures non gouvernementales internationales figuraient parmi les participants à cet événement.

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