Les réserves marocaines progressent de 23,4% durant le premier trimestre 2026

Les réserves officielles du Maroc ont enregistré une progression significative, s'établissant à 469,8 milliards de dirhams au terme des quatre premiers mois de 2026. Cette augmentation de 23,4% comparée à la même période l'année précédente a été confirmée lors d'une séance à la Chambre des conseillers mardi par Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget.
Ces avoirs représentent une couverture de 5 mois et 24 jours d'importations. Selon le responsable gouvernemental, le Maroc se rapproche graduellement d'un seuil couvrant six mois complets d'importations ou de besoins, un objectif important pour la stabilité économique du pays.
Lekjaa a souligné que cet indicateur constitue un baromètre essentiel de la santé économique nationale, car il intègre les revenus générés par les exportations et les dépenses liées aux importations. Il a affirmé que l'économie du Royaume « maintient la dynamique constructive observée au cours des années récentes ».
Le contexte international demeure néanmoins complexe. Depuis le début du mois de mars, l'économie mondiale fait face à des défis majeurs, marqués par une succession de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette situation a engendré une augmentation des incertitudes économiques et financières, ainsi qu'une perturbation accrue des chaînes logistiques mondiales, notamment dans le secteur énergétique.
Les prix des matières premières énergétiques ont connu des augmentations notables par rapport aux niveaux antérieurs à mars. Le brut s'est apprécié de 46%, atteignant une moyenne de 102 dollars le baril durant ces quatre mois, face à environ 70 dollars avant la crise, avec un sommet à 119 dollars.
Le gasoil a vu son coût augmenter d'environ 70%, se stabilisant à une moyenne de 1.218 dollars la tonne contre 717 dollars auparavant. Le gaz butane a progressé de 33%, passant à 727 dollars en moyenne contre 547 dollars précédemment. Le fuel destiné à la production énergétique et électrique a augmenté de 58% pour atteindre 593 dollars la tonne, comparé à 374 dollars avant la crise. Le gaz naturel a également enregistré une hausse de 53%, s'établissant à 49 euros par mégawattheure contre 32 euros initialement.
Le ministre a précisé que ces chiffres visent à offrir « une compréhension objective des conditions actuelles » sans chercher à « justifier ou à amplifier » la situation, laquelle s'observe dans de nombreuses régions du globe.
Le Fonds monétaire international a révisé ses perspectives à la baisse en avril, ramenant ses prévisions de croissance mondiale de 3,3% à 3,1%. Parallèlement, l'institution anticipe une inflation mondiale atteignant 4,4% au lieu des 3,8% initialement prévus, tandis que la croissance du commerce mondial devrait ralentir à 1,9% comparé aux 4,6% enregistrés en 2025.
Malgré ce contexte international difficile, l'économie marocaine démontre une certaine résilience. Cette performance s'appuie notamment sur des précipitations abondantes et des estimations de production céréalière fixées à 90 millions de quintaux. Chaque augmentation de 20 millions de quintaux contribue à hauteur d'environ 0,3% à la valeur ajoutée nationale.
Lekjaa a annoncé que l'économie marocaine devrait enregistrer une croissance dépassant 5,3% en 2026, « malgré les obstacles et les projections formulées par le FMI ».
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