L'inflation américaine atteint son niveau le plus élevé en trois ans

Aux États-Unis, la pression inflationniste s'intensifie à nouveau. Les données rendues publiques mardi révèlent que l'indice des prix à la consommation a progressé de 3,8% en rythme annuel pour le mois d'avril, marquant son plus haut niveau depuis mai 2023. Ce rythme contraste fortement avec les 3,3% enregistrés en mars et les 2,4% de février.
Cette accélération de l'inflation intervient dans un contexte politique sensible. Le gouvernement de Donald Trump doit affronter l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre. Lors de la campagne présidentielle de 2024, le président avait affirmé qu'il réduirait les prix et instaurerait un nouvel « âge d'or » pour les Américains.
Face aux chiffres de mardi, Trump a déclaré à la presse que cette inflation élevée ne serait que « de court terme » et diminuerait considérablement une fois le conflit avec l'Iran résolu. L'administration américaine soutient depuis plusieurs semaines que les perturbations économiques liées à la situation au Moyen-Orient sont temporaires, les présentant comme le prix nécessaire pour empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire.
Les carburants tirent les prix vers le haut
L'essence constitue un facteur déterminant dans cette hausse inflationniste, avec une augmentation de 28,4% des prix des carburants sur douze mois. Cependant, la renchérissement ne se limite pas au secteur énergétique. Les augmentations de prix s'étendent largement à l'ensemble de l'économie, affectant les loyers comme les tarifs aériens.
Après une pause en mars, les prix des produits alimentaires ont augmenté en avril, progressant de 2,9% en base annuelle et de 0,7% mensuellement. Samuel Tombs, analyste chez Pantheon Macroeconomics, estime que cette hausse « semble liée à l'énergie », les producteurs répercutant les surcoûts qu'ils supportent.
La viande bovine illustre particulièrement cette tendance préoccupante pour les consommateurs. En avril, un steak de boeuf coûtait 16,1% plus cher qu'un an auparavant, tandis que la viande hachée affichait une hausse de 14,5%. Les secteurs affichant une baisse restent rares, comme celui des véhicules d'occasion qui enregistre une diminution de 2,7% en base annuelle.
L'impact du conflit sur les prix de l'énergie
En mai, les stations-service continuent de ressentir les effets du conflit au Moyen-Orient. Un gallon d'essence ordinaire se négocie en moyenne à 4,50 dollars, contre environ 3 dollars avant le déclenchement du conflit le 28 février, selon les relevés de l'Association automobile américaine (AAA).
Le diesel, carburant essentiel pour les camions et tracteurs, atteint 5,64 dollars le gallon, se rapprochant du record de 5,82 dollars établi en juin 2022, quelques mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Diane Swonk, économiste du cabinet KPMG, souligne que « la hausse des prix à la pompe vient s'ajouter à d'autres surcoûts énergétiques datant d'avant la guerre en Iran ». Elle pointe notamment l'impopulaire augmentation de l'électricité de 6,1%, attribuée à la forte demande des centres de données informatiques, « un enjeu majeur des élections de novembre ».
Les critiques politiques s'intensifient
Pour Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union, « pour la première fois depuis trois ans, l'inflation progresse plus vite que les augmentations de salaires. C'est un coup dur pour les ménages des classes moyennes et populaires ».
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren dénonce vivement la situation : « Donald Trump avait promis de faire baisser les prix dès le premier jour de son mandat en janvier 2025. Au lieu de cela, il ne cesse de les faire grimper ». Elle attribue directement l'inflation actuelle aux décisions du chef de l'État, pointant notamment les tarifs douaniers imposés sur les importations et l'engagement militaire aux côtés d'Israël contre l'Iran depuis le 28 février.
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