samedi 18 juillet 2026

Le Maroc mobilise 20 milliards de dirhams pour renforcer le pouvoir d'achat et gérer les crises

18 mai 2026
Le Maroc mobilise 20 milliards de dirhams pour renforcer le pouvoir d'achat et gérer les crises
Le Maroc mobilise 20 milliards de dirhams pour renforcer le pouvoir d'achat et gérer les crises

Le ministre délégué en charge du Budget, Fouzi Lekjaa, a présenté lundi à Rabat le décret n°2.26.395 devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants. Cette nouvelle allocation budgétaire de 20 milliards de dirhams (MMDH) répond à plusieurs objectifs prioritaires pour l'État marocain.

L'enveloppe budgétaire supplémentaire vise à renforcer les interventions de la Caisse de compensation et à protéger le pouvoir d'achat des Marocains. Elle doit également couvrir les dépenses exceptionnelles non prévues, consolider les ressources propres des organismes publics et atténuer les impacts des inondations qui ont affecté certaines zones du territoire national.

La ventilation des 20 milliards de dirhams révèle les priorités gouvernementales. Huit milliards sont destinés à la Caisse de compensation, principalement pour stabiliser les prix du gaz butane et maintenir des tarifs abordables dans les transports de personnes et de marchandises. Six milliards supplémentaires couvrent les dépenses imprévues liées aux changements de la situation économique internationale. Quatre milliards renforcent le capital des établissements et entreprises publics, tandis que deux milliards font face aux dépenses occasionnées par les récentes inondations.

Lekjaa a souligné que cette mobilisation de ressources s'appuie sur une dynamique positive du recouvrement fiscal. Jusqu'à fin avril 2026, les recettes fiscales ont augmenté de 10,9 milliards de dirhams, soit une progression de 8,9% comparée à la même période de l'année antérieure. Le taux de réalisation des prévisions budgétaires s'établit à 36,4%.

L'augmentation des revenus fiscaux provient essentiellement de deux sources. Les recettes de l'impôt sur les sociétés ont connu une amélioration de 24,9%, tandis que la taxe sur la valeur ajoutée a progressé de 3,9%.

Au-delà de ces ajustements immédiats, le gouvernement maintient son engagement envers la stabilité financière. Le déficit budgétaire devrait être ramené à 3% du produit intérieur brut (PIB) à la fin de 2026, contre 3,5% enregistré en 2025. L'endettement du Trésor par rapport au PIB poursuit sa tendance à la baisse et devrait se stabiliser autour de 66% en 2026.

Le ministre a également mis en perspective les performances budgétaires récentes. Entre 2021 et 2025, les recettes ordinaires du Budget Général ont progressé à un rythme annuel moyen de 13,5%, tandis que les recettes fiscales ont enregistré une hausse annuelle moyenne de 12,4%. Ces chiffres témoignent, selon Lekjaa, de l'amélioration continue des mécanismes de recouvrement, de l'efficacité des réformes fiscales engagées, ainsi que de l'élargissement et de la diversification de la base fiscale. Ces évolutions contribuent à assurer la pérennité des ressources budgétaires de l'État.

Compare options