La France relève les droits d'inscription pour les étudiants en provenance de pays tiers

Un décret du ministère de l'Enseignement supérieur, publié mercredi, prévoit l'application stricte de tarifs d'inscription différenciés pour les étudiants non originaires de l'Union européenne dans les établissements universitaires français, à compter de la prochaine rentrée académique.
À partir de septembre 2028, les universités auront la possibilité d'exonérer jusqu'à 20 % de leurs étudiants extracommunautaires de ces frais supplémentaires. Le passage à ce seuil se fera progressivement : un plafond d'exonération de 30 % sera d'abord appliqué dès septembre 2026, avant d'être réduit à 25 % en 2027.
Cette mesure s'inscrit dans le cadre du programme « Choose France For Higher Education », lancé par le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, qui a annoncé le 20 avril son intention de mettre en œuvre de manière effective les droits d'inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires. Ces tarifs spécifiques avaient été institués en 2019 mais n'avaient pas été appliqués de façon systématique jusqu'à présent.
Les nouveaux tarifs s'élèveront à 2 895 euros annuels pour les études de licence, contre 178 euros actuellement, et à 3 941 euros pour le master, contre 254 euros. Les étudiants ayant bénéficié d'une exonération pour l'année 2025-2026 conserveront cet avantage jusqu'à l'achèvement de leur cursus universitaire, à condition de poursuivre leur formation auprès de l'établissement qui leur a accordée. Il en va de même pour ceux ayant obtenu une exonération avant l'entrée en vigueur du décret pour 2026-2027.
Le gouvernement justifie cette augmentation par la nécessité d'un rééquilibrage financier, arguant que l'élévation des frais rehausserait la perception de la qualité des diplômes français et attirerait des étudiants de haut niveau disposant de ressources suffisantes, selon un modèle proche de celui de certaines nations anglo-saxonnes.
« La France a besoin des étudiants internationaux et doit continuer à s'ouvrir tout en assumant d'aller chercher les profils dont elle a le plus besoin », a déclaré le ministre Baptiste dans un communiqué transmis à l'AFP.
Aux côtés du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, Philippe Baptiste a également initié une mission interministérielle visant à combattre les difficultés rencontrées par les étudiants internationaux souhaitant demeurer en France après la fin de leurs études. Cette mission devra présenter avant l'été des « solutions opérationnelles » destinées à la rentrée 2026, « afin de faciliter la vie des étudiants internationaux qui veulent rester faire carrière en France ». Le ministre a souligné l'importance d'accorder aux excellents étudiants internationaux la possibilité de poursuivre leur carrière en France, sans être confrontés à des obstacles administratifs ou à des délais déraisonnables.
Cette décision provoque des réactions d'opposition. Une première journée de mobilisation le 12 mai a réuni plusieurs centaines de manifestants à travers le territoire français. Une intersyndicale a depuis appelé à une nouvelle action de protestation le 26 mai, qualifiant cette mesure d'« injuste et incohérente ».
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